Au carrefour du temps perdu
On vous a recherchés longtemps,
Nos mains glissaient sur l’enceinte
Du noir royaume de l’oubli,
Nous avons exploré des villes
Où des mannequins suppliaient les horloges
D’arrêter ces aiguilles qui détricotaient le temps,
Dans les forêts pétrifiées, des oiseaux fossiles
Poussaient des glapissements de pierre
Vers l’écho des éboulis.
Etait-ce l’ombre de leurs ailes géantes
Qui nous poursuivait
Ou le souvenir de votre présence ?
Nous avons suivi les méandres
Des fleuves aux eaux si sombres
Que les étoiles venaient y boire leur lumière,
Sur leurs berges assoupies de neige, nous avons surpris
Quelques traces discrètes
Et dans les airs résonnaient
De lancinants murmures.
Nous savions qu’il nous faudrait descendre
Dans des souterrains habités
De vos vestiges si convoités.
Vous nous aviez promis tant de merveilles,
Un monde fabuleux où circulaient des anges!
Alors, nous avons sondé les nécropoles
Car la mémoire des morts comme les coquillages
Garde au fond de leurs spirales
Le souffle des premiers instants
Mais les caveaux étaient verrouillés et
Nous n’avions pas les clefs.
Plus tard, nous avons découverts les ruines
D’une cathédrale où saignait une croix,
Un chœur d’enfants chantait des louanges,
En nous approchant, nous nous sommes reconnus
En eux, ils étaient notre jeunesse
Encore vibrante de foi !
C ‘est vous que nous cherchions,
Vous que nous fûmes,
Déjà jadis.

Écrit par Banniange
Il faut habiter le monde comme un poète
Catégorie : Poésie
Publié le 16/09/2020
Ce texte est la propriété de son auteur. Vous n'avez en aucun cas le droit de le reproduire ou de l'utiliser de quelque manière que ce soit sans un accord écrit préalable de son auteur.
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Commentaires
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Posté le 16/09/2020 à 08:56:24
La recherche de l'enfant qui gît en nous est une quête de reconnaissance de soi.
Ça vaut une psychanalyse et ça coûte moins cher.
Très beau poème.
A relire.
;-)
Iloamys
Posté le 16/09/2020 à 12:05:14
Une fois à l'automne de sa vie, ce serait bien de revenir à son printemps,
avec la gomme qui va bien !

Très joli poème!
Banane
Posté le 16/09/2020 à 14:22:37
commenter en fait cela revient à paraphraser je trouve
ce serait dommage
justine
Posté le 16/09/2020 à 15:57:56
"Où des mannequins suppliaient les horloges
D’arrêter ces aiguilles qui détricotaient le temps"

J'adore ce passage , et tout le poème est une oeuvre riche en profondes pensées ; une fenêtre sur notre passé qui nous échappe déjà...

Bravo Banniange !
Yuba
Posté le 16/09/2020 à 17:46:54
Placé sous l'égide de Proust et des surréalistes, ces belles voix annonciatrices du 20ème siècle, ton poème est un beau chant de désespoir et d'espérance à la foi. Jamais notre jeunesse ne reviendra, mais les chœurs de nouveaux enfants résonnant sous la voûte d'une cathédrale, c'est comme une chanson de veilleur entonnée pour que demeure la foi en l'humanité parmi nous.
Merci Banniange pour cette publication magnifique où morts (au début, mannequins et caveaux) et vivants (les chœurs d'enfants) se mêlent en harmonie.
jacou
Posté le 16/09/2020 à 17:56:09
Merci pour vos beaux commentaires et la lecture de justine, puissions-nous retrouver parfois en nous cet émerveillement natif qui fait tant défaut à notre civilisation de désabusés technolâtres, on en aura besoin pour affronter ce monde à venir...
Banniange
Posté le 16/09/2020 à 19:54:07
J'adore ce poème ou l'on sengouffre dans une grotte oû une fine ataignée tricote et tisse petit à petit les mémoires de ce que nous fûmes. Bravo et merci pour ce fabuleux partage
philomène
Posté le 17/09/2020 à 11:15:34
A la recherche du temps perdu, on découvre que ce que nous avons égaré a été repris par d'autres qui continuent à le faire vivre en eux. Ce temps n'est donc pas perdu pour tout le monde, mais il se transmet, comme un flambeau de vie et sans doute est-ce très bien ainsi.
Tes vers en tout cas sont magiques et magnifiques! Tu n'as pas perdu ton temps!
eliosir
Posté le 17/09/2020 à 13:15:22
Merci eliosir pour ce commentaire édifiant, effectivement, ne soufflons pas trop vite sur nos flambeaux!
Banniange
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28/09 11:52jacou
Bonjour Oiseau Lyre ! :)
28/09 10:09Iloamys
Bonjour Oiseau-Lyre
Au plaisir de vous lire.
;-)
28/09 10:07Oiseau Lyre
Passez une agréable journée dans ce monde poétique façonné par votre coeurs et vos plus douces élégies.
28/09 10:05Oiseau Lyre
Bonjour à tous !
28/09 06:28Iloamys
Avec un jour de retard, je souhaite Philomène, que cette nouvelle année soit pour toi sereine et des plus douce.
Pour que tu n'offres encore ton charme poétique.

Bonne journée à tous.
28/09 04:15jacou
Bonjour à tous les membres, poètes, commentateurs , invités et passants du forum poétique Icetea !
28/09 04:14jacou
Bonjour Philomène : bon anniversaire à vous !
28/09 04:14jacou
Bonjour Assia.
27/09 11:27Yuba
Bonsoir à tous , avant Minuit , je voudrais souhaiter un joyeux anniversaire à la poètesse Philomène :)
27/09 03:33Syntax_Error
Dans la vie, appliquer cette recommandatio n est fort utile pour éviter les déconvenues.
27/09 03:29Syntax_Error
Lorsque que quelqu'un écrit, il se donne d'abord à lui-même avant de prêter aux autres..
27/09 01:29Iloamys
je dois quitter.
Bon aprem
27/09 01:28Iloamys
Les donner est une image.
Le lecteur en fait ce qu'il veut.
Il ne sait pas toujours exactement de quoi je parle dans mon poème.
Ni à qui.
Donc, il le fait sien.
Et c'est très bien.
27/09 01:18CRO-MAGNON
Mes écrits sont miens, ils n'appartienne nt qu'à moi ! Je ne les donne pas je les partage avec le lecteur !
27/09 01:17CRO-MAGNON
Le lecteur s'approprie que son interprétatio n pas celle de l'auteur
27/09 01:16CRO-MAGNON
J'écris ce qui me vient plus que ce que je veux, je ne me donne pas !
27/09 01:13Iloamys
Je suis d'accord Cro.
On écrit pour soi.
Mais en livrant nos textes, on se donne entièrement.
Le lecteur s'approprie le texte.
27/09 01:11CRO-MAGNON
Les Musso et compagnie ne sont pas des ecrivains mais des auteurs à faire du commerce
27/09 01:09CRO-MAGNON
L'auteur se donne d'abord à lui-même, on écrit par soi, pour soi et après pour les autres
27/09 01:07Iloamys
Cette citation de Montaigne syntax_Error ne concerne t-elle pas plutôt le rapport humain que l'écriture ?
Il me semble que dans l'écriture, l'auteur se donne au lecteur plus qu'il ne se prête.

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