J'ai coutume, quand le ciel de l'été se voile de nuages, d'implorer, malgré moi, dans mon cœur, que l'orage balaye tout. Qu'il ne reste plus rien, que la vie soit finie, en quelques heures, que le monde soit emporté. Non pas que je veuille en finir avec la vie, loin de là, j'aime, je suis aimé, et les fleurs ont pour moi l'odeur de tous mes rêves. Mais, tout de même, quel spectacle se serait ! Je suis homme de spectacles. Quel artifice, quel subterfuge persisterait ? Là, tous les hommes ne seraient que noyés, le progrès, anéanti. Le seul survivant à tout cela serait celui qui ne servirait plus à rien ni à personne. On l'a déjà glorifié pour cela, c'est écrit dans un livre. Voilà, ce serait divin. Incontestablement divin. Ce ne pourrait être que la représentation éphémère d'une puissance supérieure, qui déciderait qu'ici-bas tout n'aurait plus d'âme, plus de corps, plus de vie. C'est un peu comme une bataille qui se déroule ; c'est beau, cela fait rêver. Le même sentiment nous habite : on ne veut rien rater, et en rester très éloigné. C'est peut-être cela, être humain. L'homme est incontestablement voyeur. J'aimerais bien que ça se passe à Venise, peut-être aurais-je davantage de spectacle. Oh, mais il est l'heure du thé.
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Écrit par Etienne de Mirage
Le coeur est une langue qui se passe de mots.
Catégorie : Pensée
Publié le 27/04/2022
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| Tout détruire pour un renouveau salvateur, cela reviendrait-il à mourir ? C'est un peu le propos il me semble mais il y a le rêve, très présent dans le texte, c'est lui qui sauve de la réalité dérangeante et imbuvable Merci pour le partage |
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