Partie 1 :

Le 12 mai 2022
Tu te tenais sur le port, prête à plonger
Ou nos âmes se sont embrasées

Par l'amour dû à ma mère, je ne puis t'aimer
Par fidélité aux tiens, tu ne peux m'aimer
Tyrans drapés de détours et de désirs
Nos parents nous plient aux vents glacés de leurs soupirs

Liés par chaînes que nul souffle ne rompt
Nous marchons maudits ; deux cœurs blessés
Qui s'aiment et se nient à la fois

Combien de fois m'ont-ils pris pour modèle
Combien de mères ont prié que leurs fils/filles me ressemblent

Tu disais que j'aurais brûlé ma vie entière
A nier mon essence, à me taire en poussière
Effaçant chaque fibre de moi
Pour ne point déranger

Aujourd'hui, tes cent vingt alters m'aiment sans détour
Amour pluriel scellé dans l'éternel retour

Le doudou offert, tu le serres contre toi
Enfant captive d'un trésor qui ne ment pas

Me désirant jusqu'à la chair, rêvant de mon sang
De famille tissée, de foyer brûlant
Refusant mon départ dans l'amour possédant

« Mon ange, mon ange », tes mots pleins de ferveur
Toi qui disais que j'avais réveillé ton cœur
Toi qui connus l'extase après cent gestes froids
Et qui désormais goûtes les délices à la fois

Ta grand-mère murmure : ton regard n'a jamais tant brillé
Je réponds : élevons d'abord nos vies enlacées

Toi, QI fulgurant de 190 dès l'enfance blessée
Tu demandes : pourquoi moi ?
Je murmure : parce que c'est toi

Partie 2 :
Parfois, tu t'en veux d'avoir été si folle, si aveugle
De ne m'avoir guère dit que ton cœur pour moi brûlait chaque jour

Dorénavant, mon âme porte la plaie d'être ombre à tes yeux
Oui, j'ai toujours su que je comptais
Mais je ne le ressens plus
Et tu pleures

Sous les plaids, toi que l'on a si peu bercée
Je te vois, enfant guettant son prince blessé

Ô toi qui pleures de bonheur enfin
Ô Manon, m'attendant semaine prochaine
Rêvant d'être prise, embrassée sans peine

Ô Manon, sur le quai, quand je te vois
Où ira ton cœur, mon amour, ma foi ?

Combien de fois m'as-tu fait pleurer ?
Combien de fois me suis-je résigné
A cette liberté nommée indépendance
Souvent illusion, danse sans substance

Combien de fois je t'ai vue saigner
De ce sang que l'âme seule sait verser…

Ô Manon, plus fusionnelle que moi dorénavant
Toi que je veux garder au creux de mes bras
Comme une enfant, comme mon enfant
Te rendre chantante, vivante, aimante

Je t'aime du plus profond de l'être
Et même tremblant, je veux être
Abri, chaleur, étoile fidèle
Celle qui jamais ne se rebelle

Tu pleures dès que je souffre un peu
Je promets la vérité, même douloureuse

Si tu savais combien je souhaite
Que ton cœur batte pour une autre comète
Un autre plus stable, plus léger que moi
A la douceur simple, aux jours sans poids

Chère luciole, si je pouvais seulement
Te protéger sans te brûler lentement
Pardon

Tu crains l'abandon ; moi, je ne fuis jamais
Mais parfois je crains que l'amour me mène
A t'ouvrir les yeux sur une vie plus sereine
Avec un autre, loin de la chute humaine

Tu dis que sans moi la vie s'effondrerait
Mais Manon, je ne peux t'offrir ce que tu rêvais

PARTIE 4
Parfois un instinct primordial me traversait :
Je m'excusais d'être né
Comme si mes épaules portaient déjà l'univers
Avant même que ma voix osât fendre le silence

Souvent, je me détestais
Je me détestais d'avoir tendu encore les mains
vers ceux dont les consciences sommeillaient
Dont les gestes étaient programmés, réglés, figés
Vides, mécaniques, sans âme

Je me détestais d'avoir discerné
Sous les rires polis, l'angoisse contenue
Derrière les mots, l'abîme latent
Dans les silences, les rabaissements répétés
Lents, lassants, épuisants, usants

Ces phrases se retournaient sans cesse
A l'opposé de ce que je ressentais
De ce que je vivais
De ce que je faisais

Et pourtant, voici ce qui s'imposait à moi :
Ne plus consommer toute ma vie
Ne plus me perdre à nourrir, sans limite
Leur part narcissique, glaciale, éphémère

A tous ceux qui se disaient de bonnes personnes
Mais n'étaient que les pires hypocrites
Les égoïstes les plus subtils, les plus froids

Selon les regards, j'étais ange ou démon
Et tout se décidait uniquement sur le temps
Que je pouvais offrir, généreusement, librement

La vie n'était pas une course, Manon
Elle était l'acte simple et courageux
De vivre tel que l'on est

D'aimer ce qui nous faisait vibrer
Aux côtés de ceux qui nous aimaient vraiment 💗♥

A mes yeux, rien n'était plus doux
Plus juste, plus harmonieux, plus agréable que toi ☀💖

Chaque jour passé près de toi
Je le chérissais, je le cajolais, sans exception ❤️‍🔥💝

Le reste, le monde, les jugements, les venins
Les ignorances, les jalousies, les médisances
Tout cela n'avait que peu d'importance

Car nous n'étions jamais
Que ce que nous étions dans le regard de chacun

Et dans le mien, tu étais ma déesse
Ma petite luciole, celle qui faisait naître
Chaque battement de mon cœur humble et sincère ♥💝💗

Ma chère dulcinée ♥💖
Je m'éveillais ⏰ chaque matin à tes côtés ❤️‍🔥
Je respirais le même air ☁
Partageais les routes, les silences
Les ailleurs, les instants suspendus

Je grandissais près de toi
Bâtissais notre vie, pas à pas ♥
Ensemble, inchangé et uni 👫

Je t'aimais d'une intensité
Que les mots ne sauraient jamais contenir
Je t'aimais à l'infini

Et qu'importent les années, les dimensions, les univers
Je t'aimerai toujours

Car il m'était impossible de ne pas tomber
Encore et encore, amoureux
Obsédé par ma belle luciole 💞

Tu étais celle que j'aimais
Celle que j'avais eue
Celle que j'avais rêvé d'aimer toute ma vie 💗♥💖

Le 24 janvier 2025,
Je venais comme nous nous l'étions promis

J'avais compris, pour la dernière fois
Que le monde en avait trop fait
En pathologisant ce qui était humain

Combien de fois ai‑je entendu
Des Borderline, des dépressifs, des autistes
Proclamer qu'il fallait fuir ceux plus brisés qu'eux

Tout en riant, exaltés
Au miroir cruel de la conformité ?

L'humain ne cherche qu'une chose : l'appartenance

Oh toi, avec ton TDI,
Que j'avais décrite à l'identique à douze ans
Et que je préfère désormais définir
Comme un tout, entier, chargé d'émotion

Une sclérose en plaques primaire
Les douleurs, les pleurs, la fatigue
N'étaient pas épuisants pour qui aimait

Ils décuplaient l'élan vital
L'envie infinie de prendre soin

Et prendre soin de toi n'avait fait que du bien
A celui qui aimait autrui

Grandir en s'obligeant à manger ce que je n'aimais guère
Etre rabaissé sans répit, harcelé de l'enfance à l'âge adulte
Sans domicile fixe, insulté à longueur de journées
Pour ne point avoir été « habituel »

J'avais compris pourquoi les métiers d'aide me relaxaient :
M'occuper d'autrui m'apportait une stabilité
Que ma propre vie ne m'avait jamais offerte

À cela, je fus rejeté, insulté, accusé à tort de leurs méfaits
Même envers celui qui ôterait la vie, je tendrai ma main

Telle l'enfant de mon livre, offrant sa paume au diable
Et que, qu'importe pour ce diable, ce petit nomma ami

Je ne puis haïr les êtres, et pourtant, j'en fus abusé
Ce que tout cela signifiait, je devinais leurs excuses
Trop bien, ô trop bien, je les connaissais

Que cela les effraya, et pourtant, ils me dirent
Qu'ils étaient un livre ouvert devant mes yeux

A tes côtés, ce furent sans doute
Les jours les plus doux et les plus apaisants de ma vie

Où je pouvais simplement t'écouter, te consoler
Te masser, te parler de la vie
Sans être rabaissé ni insulté

Tu étais si fatiguée le jour de mon départ
Te souviens-tu de cette nuit, Manon ?

Le 1er février, nous marchions vers la gare de Lyon
Le long de la Seine, racontant nos enfances
Nos vécus, nos secrets intimes

Tu souriais. Tu étais si fragile
Que je te tenais la main pour que tu ne tombes pas

Devant ta fatigue, j'appelais un Uber
Pour que tu rentres au chaud

Et une fois parti, je reprenais la route
Te promettant de revenir

Combien de fois nous nous sommes fixés dans les yeux ?

Tu disais de moi que j'étais le seul
L'unique garçon de ton cœur
Celui que tu avais tant attendu, l'amour de ta vie

Le garçon le plus attentionné que tu aies connu

Et, oh, bien que tu en aies connu, me disais‑tu
Et pourtant, cela te frustrait
De ne pouvoir toujours me le rendre

J'avais vingt-sept ans, toi vingt-quatre
Nous n'étions point conforme aux standards
Et cela m'importait peu

Te voyant aimer cela
Je voulais te donner chaque nuit, chaque jour
Tout ce que je pouvais, tout ce que mon cœur contenait

Oh toi, si tournée vers la performance
Quand moi je ne l'étais guère

Tu perdais souvent, et cela te frustrait tant
Que tu jetais les préservatifs, à bout
Tu étais si adorable que nous en riions

Et je préférais infiniment te prendre dans mes bras
Te voir râler doucement, te sentir contre moi
M'endormir contre toi

Oh toi qui m'appelais mon ange
Et moi, ta petite luciole
Que j'aimais tant, que j'aimerai toujours

Parfois, je n'aurais cru qu'un tel élan fût possible :
En grandissant, mon unique regret
Est d'avoir offert mes mains, sans fin
Aux âmes invisibles

Car en les soutenant, je m'effaçais dans le vent
Et sans or, sans droit
J'ai touché moins de vies que je n'aurais pu caresser

Et par ce feu, j'ai blessé ceux que j'aimais :
Ma mère, et l'élue de mon cœur
Sans savoir, sans pouvoir retenir

En cheminant, j'ai compris :
Vivre la même épreuve n'enseigne pas la même leçon à chaque âme

Combien de fois ai-je vu leurs regards diverger des miens
Combien de fois ai-je senti le monde à l'envers
Au-delà du nombre que je puis conter

Nous ne sommes pas qu'une histoire
Mais l'écho plein de notre mémoire

C'est ainsi que l'on se façonne
Dans nos vies où l'âme résonne

PARTIE 5
Et si… Et si…
Juste un instant, je pouvais arrêter ce cirque
Juste une fois, une seule et dernière fois…
L'unique… la seule…

Alors peut-être je partirais enfin
Je m'éteindrais doucement
Pour une autre aventure

Ô comme ce monde m'était insupportable

Chère Manon…
Ma chère compagne…

Ô maman, je serais navré
Si la fin que je choisissais dans mon âme et mon cœur
N'était point celle que tes yeux attendaient

Ô que j'étais nostalgique
De ces paysages lointains
Où, enfant, je vagabondais
Dans les champs de Villabé
Là où je naissais

PARTIE 6
Ce soir, Manon, tes affirmations étaient telles
Qu'aucun de mes mots n'avait de valeur

À ton silence, je ne doutais point que tu allais mal

Sur le pont Alexandre III
En pleurs, au téléphone

Quatre bouteilles
Une boîte de bêta-bloquants

Voyant les pompiers, tu reculas
Te sentant trahie, non secourue

Sur ce pont où nous nous étions connus
Où, cigarette aux lèvres, tu pensais déjà sauter
Et où je suis venu cette nuit-là

T'en souvenais-tu, Manon ?

Ô Manon, comme tu étais malheureuse
Jamais je ne t'avais aimée à demi

Ô Manon, te voici plongée
Dans le silence du coma
Où nul mot ne t'atteint

Te réveilleras-tu ? Même une seule fois ?
Pour nous seulement ?

Pourquoi cette jalousie envers Chloé ?
Pourquoi cette peur de n'être point aimée ?

Ô Manon, Manon
Comme je t'aimais, comme je tenais à toi
Et non point légèrement

J'aurais aimé revenir en arrière
Te délivrer de ton passé, ne serait-ce qu'un instant

Je ne suis point divin, nullement maître du destin
mais un simple vivant que tu nommais ton cœur, ton ange

Te réveilleras-tu ?

Ô Manon, en soins intensifs
Où nul médecin ne sait si tu t'en sortiras

Pourquoi ? Pourquoi donc ?

Tu m'as écrit que je déciderais si tu vivras ou non
Je ne suis point Dieu ; je ne suis qu'un vivant

Ô Manon, comme je peine par amour
De te savoir entre la vie et la mort
Et, pourtant, je n'abandonnerai point l'espérance

Te revoir sourire, te revoir pleurer
Te savoir heureuse, au chaud, râler pour des bricoles
Marcher ensemble, nullement séparés

Tu as écrit que tu ne me mérites point
Que tu ne voulais nullement m'alerter
Qu'une vie serait meilleure si tu n'existais plus

Comment peux-tu croire cela ?
A quel moment as-tu décidé de ne plus nous choisir ?

Je suis là. Je n'ai point déserté
J'attendrai ton réveil

Un simple réveil
Te savoir en vie. Même une fois ?
Nulle autre exigence

Ô Manon

La vie ne vaut nullement d'être quittée ainsi
Plus nous nous éteignons, plus nous blessons
Plus nous partons loin, moins la joie demeure

En finir n'est point un choix libre
Mais, le fruit d'un état bouleversé

Ô Manon, petite princesse parlant à ton nounours
Souhaitant le bonheur à tous

Je te revois enfant, et je voudrais
Pour une dernière fois seulement :
Ne lâche point la vie

T'aimer a été mes plus grandes épines
Mais t'aimer a été aussi ma plus belle étoile

Sans toi, le sens ne tient plus
Et nul avenir ne s'éclaire

Te réveilleras-tu ?
Juste une fois, juste une dernière fois ?

Ô Manon, juste une dernière fois…

Reviens, ma chérie
Reviens

Sans toi
Je ne respire plus

Sans toi
Je ne suis plus

Reviens
Reviens

Ou je m'éteins
Avec toi

Partie 7
On me dit que je ne suis guère de ta famille
Que je n'ai guère droit à veiller à ton chevet

Après 32h d'ombre et de veille
Mon portable a sonné

Et ta voix est tombée sur moi comme une pluie douce
Rappel fragile que l'amour survit même dans le coma des jours

Tu m'as dit que j'étais ta seule raison
Ton regret absolu, ton phare dans l'obscurité

Et dans tes songes, tu m'as vu à tes côtés
Te tenant la main, te parlant

Moi, je voulais être près de toi
Présence immuable, gardien de ton retour vers la lumière

O Manon, toi qui pleurais de culpabilité
Et moi, moi qui m'en voulais d'avoir été trop rationnel

Armure neuve, fonctionnement réinventé de mon être
Et pourtant, les larmes tombent encore, silencieuses
Comme la mer effaçant les traces des pas sur le sable

Je ne rêvais que d'une seule chose :
Ton réveil, ton retour à la vie

Que tes yeux s'ouvrent enfin
Et que ton souffle effleure le monde à nouveau

Les jours passent, tes sensations t'échappent
Et parfois, tu ne retrouves plus le chemin des mots

Mais, je te dis : peu importe comment sera la vie
Je resterai près de toi
Toi seule, car tu es celle que j'ai choisi d'aimer

À chacun de mes mots
Tu illumines de lumière tes ténèbres

Tu es mignonne, depuis notre rencontre à Barbara
Où tu m'attendais en sortant du train

Comme un phare dans la brume
Et nos âmes se sont frôlées pour la première fois

Partie 8
D'un côté, certains me traitent de sans cœur, d'antipathique
De l'autre, on me répète que je suis un ange
Excessif en empathie depuis ma naissance

Grandir, c'est cesser de perdre son souffle
A remodeler l'image que le monde veut voir

Cesser d'édifier des mirages pour des juges aveugles
Cesser d'offrir son cœur aux hypocrites applaudissant le vide

Être adulte, c'est ne plus s'attarder sur les préjugés
Que la société impose et célèbre sans vergogne
Ni sur l'inhumanité travestie en gloire sociale

Rendre tout le monde heureux ? Un rêve d'enfant
Mais avancer avec ceux que l'on aime : un art

Car le tout de la vie
C'est d'être près de ceux que l'on aime

Même quand les tempêtes viennent
Même quand les cœurs se fendent et se recomposent
Être l'ancre et la lumière pour ceux que l'on chérit

Et toujours, je me souviendrais de cette nuit à Barbara
De ce moment où nos yeux se sont trouvés pour la première fois

Où l'attente et l'espoir se sont mêlés
Et où la vie a choisi de nous lier pour toujours

Partie 9
De quelle manière te confesserai-je, ne serait-ce qu'un jour
Que ton coma me provoqua en moi un néant ?

Dont mes larmes, conscient que cela te réjouirait
Chacune, préméditée, comme un automate dont l'âme est vide

Quand nous faisons l'amour
Parfois, je ne puis que m'ennuyer
Dans le théâtre qu'est la vie

Cela te ravit tant que je m'emploie à t'exaucer
Car, dès l'enfance, j'avais scellé cet avenir :
Celui de me dissoudre dans ton bonheur

Mes larmes aspireront souvent à s'échapper
Conscientes de mon existence en ce monde
Ne désirant que t'apporter du bonheur
Au sein de cet univers silencieux
Car toi seule as le don de me rendre heureux

Ô Manon…

Si seulement je pouvais m'éteindre
Ne serait-ce qu'un instant, ne serait-ce qu'un souffle
Pour effacer l'éphémère que nous appelons vie

Si souvent je me sentais si fatigué
Et pourtant en paix en moi-même

Aucun regret ne vivra plus en moi
Pas un seul, même effleuré par l'ombre

Jadis, j'en vécus…

Mais je ne me reprocherais dorénavant
Ni d'avoir aidé tant de vies
Ni de ne point avoir suivi le chemin conforme

Ainsi j'aurais été mieux accepté
Et peut-être aurais-je aidé un plus grand nombre

Ô vie…
Où l'apparence domine
Quelle lassitude infinie
Quel ennui abyssal qu'est la vie !

PARTIE 10 :
Humanité, quel que soit le nom donné au vivant
Il demeure ce qu'il est : ni mauvais, ni bon, seulement

Si souvent, chérie
En toi je vois une enfant
À protéger, à couver doucement

Ma chère, ma fragile luciole tremblante
Lueur vacillante dans l'ombre des jours

En ce monde, je n'y crois guère
Je ne pourrai plus y croire

La vie est la vie, le monde est le monde :
Ni plus, ni moins

Tant de fois
Tu rappelas celui que j'étais autrefois
Quand je n'étais qu'un enfant, perdu sous le poids des heures et des âmes

Ces émotions, de bien, de mal, de peur pour nos enfants à venir
Débordement d'âme, vaste, brûlant
Qui consumait mes nuits et mes pensées

Aujourd'hui, je n'ai plus peur

Peut-être, pour certains, mon âme s'est éteint
Pour moi, je ne suis que ce que je suis :
Un être ayant vu ses illusions n'être que nuit
Qui avance sans but, machine obscure qui persiste, obstinée

Quand toi, tu verras nos enfants, tu verras l'amour éclore
Moi, j'y distingue déjà mécanismes, ressorts
Modulations et conditionnements des jours
Chaque mot traçant la route d'une vie mise au jour

Tu me parles d'amour ; je réponds simplement :
Si je sors le soir dans le froid mordant, pour toi
C'est pour honorer ma morale, fragile et froide
Mais là est ma joie : car le timbre de ta voix
Suffit, à lui seul, à réchauffer mon cœur

Si je te laisse parler, si je parle à mon tour
C'est comme un nouveau-né suspendu au sein
Nos intérêts nus, purs, dénués de détour

Tu demandes : entre un monstre et notre enfant
Qui sauverais-je, là, maintenant ?

Je donne la réponse qui éclaire ton visage
Apaise ton cœur, calme l'orage

Je sauverais l'enfant, notre petit vivant :
Plus innocent, plus à vivre devant
Car de lui je tisse un lien
De moi il dépend, fragile et sensible

De surplus, cela ferait plaisir à celle ayant voulu fonder un nid
Ô ma chère dulcinée, Ô ma chère Manon

Enfant de nous, enfant abandonné, tout m'est pareil
Pourtant, je goûterais un plaisir infime, cruel
De savoir ton sang couler dans sa chaire
Ainsi suis-je devenu ce que je fus, ce que je serai toujours dorénavant

Tu dis que ce n'est pas affaire de logique
Je te laisse croire en ces mots que tu appelles humains
Mot que jadis j'employais avec foi, avec musique

Sans attache, sans élan irrationnel
Notre enfant ne serait qu'un autre mortel
Le voir vivre ou mourir importerait si peu
Puisqu'une vie s'éteint pour nourrir d'autres feux
Que d'autres âmes embraseront à leur tour

Il y a fort longtemps, je compris en silence
Silence qui ne produit que dégoût du vivant
Qui blesse plus que n'importe quel coup
Et qui brise tant de couples en chemins de cendres

Si l'on retirait l'éthique du vivant
Tout deviendrait absurde, vide
Et la vie elle-même un souffle dérisoire

Ô ma chère Manon, Ô toi qui me dis ange avec douceur
J'aimerais répondre, sans masque, sans pudeur
Que je ne vaux guère plus qu'un corps parmi d'autres
Ni mieux qu'un violeur, qu'un tueur, qu'un prêtre
Aucun geste n'a de sens, seulement nos filtres

Ce monde ne cherche que son propre bien-être
Certains s'y usent jusqu'à disparaître
Ceux qui souffrent sont jugés dangereux
Laissés seuls, invisibles, honteux

Ne jamais tendre la main à ceux qui tombent bas
Ne fit jamais grandir cette Terre ici-bas

Je ne suis que fatigué de cette humanité
Que tu appelles ?con?
Que ma mère nomme ?médiocre?,
Et que j'appelle simplement perception, émotion, vie

Humanité n'est que cela : rien de plus, rien de moins

Ô ma chère Manon, laisse-moi dormir, me retirer
Sans ces élans qui m'épuisent d'exister
Me forcer encore pour te faire plaisir
Une fois de plus, simuler le désir

Bien sûr, je te réponds
Pour que ton regard demeure lumière
Car je ne veux au monde qu'une chose : tes yeux

Peut-être serais-je le plus grand manipulateur
Pourtant, je n'ai ni envie ni intention de blesser ton cœur
Je veux seulement vivre à tes côtés, sans peur ; et te voir sourire

Ô ma chère voix dans ce monde parlant à mon âme
Capable parfois de dépasser tes préjugés
Telle une enfant marchant vers la clarté
Telle une enfant apprenant à respirer
Comme je fus, comme je suis, comme je serai

Nous serons toujours deux enfants égarés
Et pour cela, je t'aimerai éternellement

Sans toi
La vie ne serait que torture et abîme froid
Je ne suis qu'un vivant cherchant son intérêt, comme tous ici-bas

Ô ma chère Manon
Qu'importe la vie, qu'importent les éternités :
Mon cœur ne battra jamais
Que pour toi, ma petite et fragile luciole
Que parfois je contemple telle mon enfant.

PARTIE FINAL :

Tant de fois
Mes pensées se sont égarées vers des terres lointaines
Sans percevoir la flamme chatoyante de cette vie aux mille lueurs

Ni les instants où, auprès de ceux qu'on aime
Tu fais naître en moi un rire clair et léger

Dans ce monde où je n'existe presque guère
À tes yeux pourtant je deviens réel, et je t'aime
Avec toute l'ardeur que mon cœur peut offrir

Ma chère lapine aux oreilles de velours
Ma chère mère aux racines de toujours

Et, Ô toi, chère petite luciole
Dont le cœur vacille mais jamais ne s'éteint
Je vous aime d'un amour que rien, jamais, n'effacera

Vivre, chérir, aimer :
Garder tout contre soi ce que le cœur ne veut jamais perdre
Au plus profond de nous bat, douce et infinie, cette petite vie 💗

Écrit par Taiyou
Taiyou - Hikari - Rouk
Catégorie : Amour
Publié le 22/02/2026
Ce texte est la propriété de son auteur. Vous n'avez en aucun cas le droit de le reproduire ou de l'utiliser de quelque manière que ce soit sans un accord écrit préalable de son auteur.
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13/03 12:35Yuba
Bonjour tout le Monde !profitons du printemps à chaque seconde.
27/02 05:08lefebvre
Bonsoir à toutes et à tous! Vivez l'instant présent
23/02 10:42ida123
Bonsoir tout le mondee... Restez dans le moment
17/02 10:29lefebvre
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07/02 08:56Yuba
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07/02 08:54Yuba
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06/02 05:13Tristan49
Bonjour. Désolé ma dernière publication devait être dans érotisme et non amitié je n arrive pas à modifier
06/02 05:11Tristan49
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04/02 06:54Tristan49
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Puissiez-vous casser votre tirelire pour lire les épanchements de ma lyre
31/01 11:14Chrysantheme
ça faisait un bail Tango
30/01 10:40romantique
bonjour PAULE je te remercie sincérement de ton doux commentaire ! j'apprécie !bonne journée ! prends bien soin de toi ! amitiés chaleureuses :)
30/01 07:50Paule
Lire Romantique Sylvain , je ne suis pas encore bien réveillée, vous souris !
30/01 07:47Paule
Bonjour Romantique Daniel, que j'ai croisé ailleurs que sur ce forum de Poésie, Féliciations pour votre recueil - Bonne journée - Amicalement - Paule
29/01 05:27ParadoXx696
Même ds un livre , j'pourrai pas tout raconter , tellement il y aurait a ecrire , des paragraphes et des paragraphes sans chapitre tourné
29/01 05:11ParadoXx696
577 671 fois soit 3727 fois par poeme :)))))
28/01 06:32Altair
Je ne vous souhaite que le quo. Qu'il vous fasse, qu'il vous sied. D'un autre qui voyè l'nazi d'à côté, pas d'un canayin, d'uny uhman, de l'Oc' du nyord wètz.
21/01 05:19romantique
bonjour Daniel !merci de tes mots chaleureux que j apprécie ! bonne journée ! poétiquement Sylvain
20/01 03:58lefebvre
Bonjour Sylvain, félicitations pour ton recueil. C'est toujours un évènement qui je te le souhaite te portera chance.BRAVO !

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