La mangouste et le guépard
Une mangouste et un guépard sous le soleil
Discutaient, débattaient, ventaient leurs qualités.
« Je suis rapide et mon pelage est merveille.
Toi, si l'on te course, tu seras dévoré »,
Disait-il avec entrain à cet animal.
« Mais moi je me lève et je guette l'horizon.
Qui pour te voir de loin aurait-il tant de mal ?
Avec mes frères, du danger nous avisons
Et l'on se cache bien plus vite qu'un guépard. »
D'un œil à l'affût, cette mangouste en guettant
Aperçut soudain dans le fond de son regard
Un canon pointé sur l'animal élégant.
« Attention ! On te vise ! Cours ! Sauve ta mise !
Cours te dis-je ! Qu'attends-tu donc ? D'être tué ? »
Mais le guépard, d'une réponse insoumise
Ne le crût pas, riant du regard entraîné.
Un bruyant cou de feu se fit entendre au loin,
Et le guépard tremblant tomba petit à petit,
Mais en dernier soupir, ne lui avoua point
Qu'elle aurait pu sauver sa respectable vie.
C'est ainsi qu'il en est de ces esprits fermés
Qui n'admettent point qu'un plus faible puisse aider.
Le guépard et la mangouste
« Dites-moi, Monsieur le si rapide guépard,
Que vos fines pattes pourraient-elles face à
Un braconnier tuant vos frères léopards ?
Vous vous échapperiez encore sur ce sol plat ?
- Je n'ai rien dit de tel et ne le pense point.
Pourquoi me vanterais-je si je ne peux pas ?
Pour eux mon pelage ne fait que le butin,
Mais je n'en ai point peur et ne me cache pas !
- Certes, tu es beau mais tu n'échapperas pas
Au canon qui te vise, ô joyeux châtiment !
Finies tes vantardises, et ton air de pacha,
Car son arme est chargée, et tu meurs maintenant !
- Ah ! Traître, tu as bien souhaité ici ma mort !
Mon esprit restera, tu ne tues que mon corps,
Et malgré l'imminence, je respire encore !
Quoi que toi tu en penses, moi, je resterai fort !
Tu n'as pas affronté tout ce qui m'a touché,
Et ne t'es que caché de tes difficultés.
Je meurs maintenant, mais de mon cœur vaillant
Et toi, tu lui survis, mais c'est déshonorant. »
C'est ainsi que mourut le guépard honorable
Et survécut la mangouste détestable.
Voici comment le faible agit avec le fort :
C'est un traître qui tue par derrière et à tort.
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| c'est un travail intéressant en français. Ecrire deux appologues qui ont une histoire identique mais qui débouchent sur deux morales opposées. comme sous-genre de l'appologue, j'ai choisi la fable. |
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Thisius ![]() |
| monsieur de la Fontaine, je peux vous dire BRAVO, voir meme SUPERBEMENT écrit, j'adore. | |
plustout ![]() |

