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Gardia :
- ... chère, le divin Stéphane (Mallarmé) n'était pas, lui, toujours des plus sérieux...
D'un Coup de dés lancé au bout de l'Univers, il ramenait parfois quelques vers, plus légers, posés sur éventails, soieries ou porcelaines... (Ses "Fêtes galantes" à lui...)
Un Eventail pour vous ! (d'abord il fut pour moi mais je suis prêteuse, puis...) (puis bref, l'auteur n'est pas qu'un chant désincarné)
attention... chut ça commence :
- Eventail
Si l'amour tient à peu de chose
La chose elle, y tient pour beaucoup...
Je n'en veux pour témoin du coût
Que vos regards, charmante cause.
Que vos regards plus... autre chose,
Dont il vous rende coup pour coup.
Mais quel qu'en soit vraiment le coût
Je n'en chéris qu'en vous la cause.
Pourquoi vous demander jusqu'où
Vont les chagrins dont il est cause ?
Errent vos yeux de rose en rose,
La vôtre seule est à mon goût...
Que ce qu'on dise ou ce qu'on ose
Soit de mauvais ou de bon goût,
Si l'amour tient à peu de chose
La chose elle, y tient pour beaucoup...
Si chaque soir tombe une rose
C'est de sa chute un avant-goût,
Puisque ses lois sont une chose
Dont chacun tombe sous le coup !
Ni le visage un peu plus rose
Ni les frissons le long du cou
Ne vous obtiendront gain de cause
Avant de m'avoir dit jusqu'où...
(d'après Louis Latourre)
Apocope :
- Eventail ?... je dirais que j'y sens comme un parfum suranné, un petit goût d'abbé de Lattaignant dont je retrouve au début du poème la musique :
Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose
Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose
Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose
Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose
...
(d'après Gabriel-Charles de Lattaignant)
Mais je ferais là bien mauvaise parodie... La pièce a du charme
comme un jardin de Glycines...
Gardia :
- Poète prends ton luth ! ou bien si tu préfères chante, je t'accompagne...
Grâces Louis XV, marquises poudrées, abbés libertins, pierrots qui ont la naïveté de prendre l'Amour au sérieux, masques et bergamasques.. tout ça croqué par Beardsley d'après Watteau prélude et passepied... Si je laissais parler mon coeur... nous serions doux Amis ; bref "Vous avez mis dans le mille !" tous vos coups Lattaignant. Sans que mot et chose ne l'amochent...
Mon poète toutefois - L.L., plus scrupuleux que l'autre - m'a dit qu'il s'en voulait d'avoir projeté de strophe en strophe quelques rimes semblables... Mais la variété syntaxique fait tout le sel du jeu.
Lagons salants (presqu'île de Giens mère des faïenceries), Galons saillants, Salons gouaillants, Soyons galants !
" - L'abbé divague. - Et toi, marquis,
Tu mets de travers ta perruque.
- Ce vieux vin de Chypre est exquis !
Moins, Camargo, que votre nuque.
- Ma flamme... - Do, mi, sol, la, si.
L'abbé, ta noirceur se dévoile!
- Que je meure, Mesdames, si
Je ne vous décroche une étoile !
- Je voudrais être petit chien !
- Embrassons nos bergères l'une
Après l'autre. - Messieurs, eh bien ?
- Do, mi, sol. - Hé ! bonsoir, la Lune ! "
(d'après Paul Verlaine)
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| J'ai été charmée par tes "fêtes galantes", un peu de l'esprit du 18eme siècle si agréable à visiter et puis le style est tout à fait charmant avec le retour des deux mots clés La chose et la rose. Encore, encore ! | |
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